Google étend son empire aux téléphones portables

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Google étend son empire aux téléphones portables

Message  chtifouinard31 le Mer 7 Nov - 13:07

Un événement dans le monde de la technologie : après Apple en juin, c'était au tour de Google d'annoncer, lundi 5 novembre, son arrivée sur le marché de la téléphonie mobile.

Le premier a réussi haut la main son examen d'entrée. L'iPhone, avec son large écran tactile et son design soigné, s'est vendu à presque 1,5 million d'exemplaires en trois mois aux Etats-Unis (il sera distribué en France par France Télécom à partir de fin novembre). Un succès qui oblige les constructeurs traditionnels de téléphones à reconsidérer l'ergonomie de leurs terminaux haut de gamme. Google, moteur de recherche le plus utilisé de l'Internet et première régie publicitaire en ligne, pourrait également changer la donne. Le géant de Mountain View (dans la Silicon Valley en Californie) a l'ambition de s'imposer sur les écrans des téléphones mobiles comme il a su le faire sur ceux des ordinateurs.

Pas avec un terminal (le "Google Phone") que la rumeur annonçait pourtant avec insistance depuis des mois. Mais avec un système d'exploitation (un logiciel permettant de faire fonctionner des applications) pour terminaux mobiles.
Android - c'est son nom - sera gratuit et construit sur une architecture ouverte et libre, sur le modèle des logiciels Linux. Tous les développeurs informatiques auront ainsi accès à ce programme, ce qui leur permettra d'y greffer facilement leurs applications. Pour les constructeurs et les opérateurs télécoms, Android sera aussi le moyen de lancer des téléphones rapidement et à moindre coût.
Google a déjà réussi à rallier une trentaine de partenaires - parmi les plus grands noms des télécoms - à sa plate-forme logicielle : les constructeurs asiatiques HTC, LG, Samsung, l'américain Motorola ainsi que les opérateurs télécoms NTT DoCoMo, China Mobile, l'américain Sprint Nextel ou l'italien Telefonica... Cette alliance géante devrait aboutir, dès la seconde moitié de l'année 2008, à la commercialisation des premiers téléphones mobiles multimarques fonctionnant avec Android.
Le finlandais Nokia, premier fabricant mondial (avec presque 40 % de parts de marché), et Microsoft, géant des logiciels, brillent par leur absence. Et pour cause : Android vient directement concurrencer leurs propres systèmes d'exploitation pour mobiles. Symbian, celui de Nokia, équipe ses téléphones haut et moyen de gamme, ainsi qu'une partie de ceux de Sony Ericsson. Windows Mobile de Microsoft est notamment embarqué dans les terminaux du taïwanais HTC.
Pour Google, l'ambition va bien au-delà, elle consiste à faire le pari de l'Internet mobile et à construire une nouvelle hégémonie.D Sur les écrans d'ordinateurs, Google dispose aujourd'hui d'une position dominante. En à peine dix ans d'existence, le groupe a réussi à devenir le point d'accès incontournable sur le web pour les internautes et les annonceurs grâce aux performances de son moteur de recherche. Et à l'énorme succès des "liens sponsorisés", un format publicitaire original consistant à vendre aux annonceurs des mots-clés afin que leurs sites soient mis en valeur.
Dans la sphère mobile, l'enjeu, pour Google, est considérable. Il y a déjà presque trois milliards de téléphones mobiles en circulation dans le monde. Contre quelques centaines de millions d'ordinateurs "seulement". Aujourd'hui, l'essentiel des connexions à Internet se fait encore via ces terminaux. Mais les performances des mobiles - capacité de stockage, qualité de l'image, etc. - augmentent rapidement. Les experts ont coutume de dire que dans quelques années, ils offriront les possibilités d'un ordinateur actuel. " Dans les pays en développement (où l'ordinateur est encore peu répandu), les utilisateurs vont avoir davantage tendance à se connecter à Internet via leur téléphone", juge Charles Golvin, analyste chez Forrester Research.
" Pour Google dont la stratégie est de proposer des applications gratuites aux utilisateurs, d'en maximiser l'audience puis de la vendre à des annonceurs publicitaires, l'entrée sur le marché du téléphone mobile est donc logique", ajoute Mario Kaloustian, chez Greenwich Consulting.
La publicité générée par l'Internet mobile est encore insignifiante. Mais ses perspectives de croissance - ses revenus pourraient atteindre plus de 11 milliards de dollars soit 7,5 milliards d'euros d'ici quatre ans - ne peuvent laisser le géant du web indifférent.

"UN CHEVAL DE TROIE"

Pour l'instant cependant, les usages de l'Internet mobile restent très limités. Selon l'Arcep, le gendarme français des télécommunications, les opérateurs mobiles hexagonaux tirent encore 85 % de leurs revenus du transport de la voix sur leurs réseaux. Le reste provient essentiellement des envois de SMS et des téléchargements de sonneries.
Par ailleurs, même quand ils contractent des offres d'accès à Internet, les utilisateurs du mobile n'ont pas accès à de vraies pages "web" (à l'exception notable de l'iPhone). Ils ne peuvent se connecter que sur des portails, conçus par leurs opérateurs, donnant un accès à des services triés sur le volet (fil d'information, résultat de compétitions sportives, messagerie instantanée...).
Le pari avec Android est de stimuler la création, par la communauté des développeurs, d'applications vraiment adaptées au surf sur un terminal mobile, qui puissent tourner sur le plus grand nombre de téléphones. Et de faire baisser le prix de fabrication de ces "smartphones" pour en démocratiser l'usage. C'est aussi pour Google le moyen de pousser ses propres applications : Gmail (l'email selon Google), son service de messagerie instantanée Google Talk, de cartographie Google Maps... Pour Henri Tcheng, de BearingPoint, "Android est un cheval de Troie pour s'assurer que ses applications Internet tourneront sur le plus grand nombre de téléphones mobiles possibles".
Nokia, Apple ou Microsoft ne laisseront probablement pas le champ libre à Google. Eux aussi ont de grandes ambitions dans l'Internet mobile. Le premier a annoncé une plate - forme de jeux et de téléchargement de musique sur ses terminaux. Le deuxième veut continuer à surfer sur le succès de sa plate-forme musicale iTunes.
Au final, l'arrivée de Google dans la téléphonie est une preuve de plus de la fameuse convergence numérique. " Il n'y a pas que Google qui s'essaye à de nouveaux univers. L'année 2007 aura quand même été celle où l'on aura vu Apple lancer un téléphone, Microsoft racheter une régie publicitaire et Nokia dépenser des milliards pour s'offrir un fabricant de cartes géographiques", note Mark Donovan, analyste chez M : Metrics.

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